La sélection BD d'Angoulême : "Les ignorants", "White River Junction"
19/01/2012
Mondomix a pioché dans la sélection officielle du prochain Festival International de la BD d'Angoulême et vous présente les albums qui ont retenu son attention... avec des coups de coeur mais aussi quelques déceptions. C'est le thème de la ruralité qui est au coeur de cette sélection avec Les Ignorants d'Etienne Devodeau et Pendant ce temps là à White River Junction de Max de Radiguès...
Les Ignorants (récit d'une initiation croisée) d'Etienne Devodeau (Futuropolis)
Y a-t-il un rapport entre le vin et la bande dessinée ? C’est ce qu’essaient de savoir Etienne Davodeau et Richard Leroy, un viticulteur des pays de Loire. Le premier, auteur remarqué de Rural !, a passé un an dans la vigne, à tailler et à vendanger. Mais il a également entraîné le second avec lui à la rencontre d’autres dessinateurs : Gibrat, Mathieu, Guibert… Au fil de cette très réussie « initiation croisée », c’est le lecteur qui découvre deux métiers et apprend gaiment qu’une bonne bouteille et une belle planche ont plus d’un point commun : elles sont toutes deux l’œuvre d’un auteur passionné et partageur ; elles gagnent à faire l’objet de discussions animées entre amis ; et, ce qui vaut autant pour les blancs secs de Leroy que pour les noirs et blancs légers de Davodeau, elles grisent doucement.
Pendant ce temps à White River Junction de Max de Radiguès (6 pieds sous terre)
Souvent réduite à des stéréotypes, la campagne américaine peut réserver parfois de belles surprises. White River Junction en est une. Ce bled paumé du Vermont, proche de la frontière canadienne, possède ainsi une improbable école de bande-dessinée, le Center for Cartoon Studies, créée par James Sturm, un ponte de la BD alternative US. C'est l'aventure qu'il a vécu dans cette école, et plus largement aux Etats-Unis, que Max de Radiguès décide de croquer à travers un album en forme de journal de bord. Ses strips content aussi bien la relation à distance qu'il entretient avec son amie restée en Belgique, que l'ambiance parfois morose qui règne dans cette région reculée, où l'hiver dure près de 6 mois. Très minimaliste, son dessin est en adéquation avec la pudeur des sentiments qu'il met en scène. Il manque cependant parfois une réelle expressivité, ce qui rend certaines saynètes complètement anodines. Ainsi, en voulant un peu trop s'attacher à décrire la banalité du quotidien, Max de Radiguès en devient lui même banal et se perd dans les clichés. Dommage.