On a retrouvé Manu Chao...dans le désert américain
13/01/2012
Où est donc passé Manu Chao ? C'est ce qu'on peut se demander tant l'artiste se fait rare dans le paysage médiatique français depuis la sortie de Radiolina, un album qui date déjà de 2007. Mais, pour Manu Chao, cette absence n'est pas synonyme d'inactivité. Au contraire : l'ancien leader de la Mano Negra a passé l'essentiel de ces deux dernière années à parcourir le monde pour sa tournée La Ventura. A l'automne dernier, il traversait les Etats-Unis, en faisant une escale remarquée en Arizona, où il était invité à se produire gratuitement en faveur d'Alto-Arizona, une campagne de lutte contre les politiques discriminatoires à l'égard des clandestins. L'occasion pour lui de réaliser un clip.
Il y a un an, une loi anti-immigration du sénat de l'Arizona, au nom barbare de SB 107, avait créé une polémique qui avait dépassé les frontières de l'Etat désertique. Emmené par les très conservateurs Jan Brewer et Russell Pearce, la loi encourageait, entre autres, la pratique du délit de faciès par les policiers et durcissait considérablement les peines à l'égard des clandestins. Si certains articles ont été retirés depuis, la loi est toujours en vigueur, et ce malgré les protestations des associations. L'une d'entre elles, The National Day Laborer Organizing Network (ou NDLON, qui vient en aide aux travailleurs journaliers) est très active sur ce terrain. Elle a convaincu Manu Chao de venir jouer gratuitement au Festival de Resistencia de Phoenix. Une initiative concluante puisque le français a réuni près de 3000 personnes. L'occasion de réaffirmer son engagement contre les politiques oppressantes et racistes, lui dont les parents on fuit la dictature franquiste en Espagne.
Manu Chao s'est alors rendu devant un lieu symbolique de la répression anti-immigration : la prison Tent-City. Dirigée par le shérif Joe Arpaio (dont les méthodes violentes sont depuis longtemps dénoncées), la prison, située au milieu du désert, est réputée pour être une des plus dures du pays. C'est donc dans ce décor anxiogène que Manu Chao, accompagné par son fidèle guitariste Madjid Fahem, a interprété son célèbre tube Clandestino, sous l'œil du réalisateur Alex Rivera (connu pour son engagement en faveur des communautés hispanophones).
Manu Chao interprète "Clandestino" devant la prison de Tent-City, Arizona
En 2012 il continuera à être sur tous les fronts : un livre signé Jacek Woźniak, et intitulé Manu & Chao, est en effet prévu pour le 23 février prochain. Une collaboration pérenne puisque Woźniak avait déjà illustré le livret de l'album « Sibérie m'était contée »...