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Sortie cinéma: "Les Acacias" de Pablo Giorgelli

04/01/2012

Jim Jarmusch en 1984, Jafar Panahi en 1995 ou encore Steve McQueen en 2008…le palmarès  de la Caméra d’Or du Festival de Cannes, ce prix qui récompense le meilleur premier film, est des plus prestigieux. Pourtant le choix du dernier jury en date, présidé par l’excellent cinéaste coréen Bong Joon-Ho (The Host, Mother), peut laisser perplexe : Les Acacias de Pablo Giorgelli souffre en effet d’un certain manque de relief.

 

 

 


 

La bande-annonce

 

 

 

 

 

Rubén, un camionneur argentin rustre et peu bavard, doit effectuer son trajet reliant Asunción à Buenos Aires en compagnie de Jacinta, une femme qu’il ne connait pas, et de sa petite fille Anahí. 1500 kilomètres de désert et de solitude qui vont inexorablement rapprocher les deux protagonistes.

 

 

Une des principales idées de mise en scène de Pablo Giorgelli, et qui est plutôt audacieuse sur le papier, est de jouer avec sa caméra sur un paradoxe : filmer un road-movie comme un huis-clos. On peut imaginer que la plupart des réalisateurs auraient succombé à  utiliser la beauté incommensurable de ces paysages d’Amérique Latine, mais ici Giorgelli préfère ancrer son récit au cœur même de la cabine du camion, au plus près de ces personnages. Seuls des arrêts sur des aires d’autoroute miteuses viendront arracher Rubén et Jacinta à leur routine routière. Mais la platitude de ses plans, répétitifs et inexpressifs, n'arrive pas à capter l'attention. D’autant plus que le rythme n’est pas très soutenu et que les dialogues sont rares.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le film souffre également d’une esthétique un peu clichée : un (mauvais) goût pour les plans à rallonge, un mutisme exacerbé ou encore des postures anti-sentimentalistes et faussement pudiques. Or, le ressort principal du scénario, qui tient dans la métamorphose progressive de Rubén (du camionneur bourru au père de famille fragile et plein de fêlures), repose sur la présence cathartique du bébé, dont les mimiques mignonnes et la bouille irrésistible ne peuvent laisser insensible. Une facilité émotionnelle qui contribue à aseptiser le scénario.
 

 

 

Si bien évidemment certaines scènes, notamment sur la fin, sont assez touchantes et titillent la corde sensible, il est difficile d'accorder beaucoup de crédit à ce film qui, s'il paraît tout à fait sincère, pâtit d'un manque d'imagination dans sa réalisation. Dommage. 

 

 

 

 

 

Boris Cuisinier


04/01/2012
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