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Slow Joe : « Je crois avoir essayé toutes les drogues imaginables »

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SLOW JOE INDE GINGER ACCIDENT SUNNY SIDE UP

Slow Joe : « Je crois avoir essayé toutes les drogues imaginables »

28/11/2011

Découvert en 2009 aux Transmusicales de Rennes, le crooner indien Slow Joe, 67 ans, signe ses débuts discographiques avec Sunny Side Up, irrésistible collection de chansons rétro-sixties, entre rock’n’roll, soul et rhythm’n’blues. Rencontre avec l’ex-chanteur de rues et son acolyte Cédric La Chapelle, passés tous deux de l’ombre à la lumière par un coup du destin.

 

 

 

Votre première rencontre a eu lieu fortuitement, à Goa. Pensiez-vous alors qu’elle déboucherait sur toute cette histoire ?

 

 

Slow Joe : Ça a été sérieux dès notre premier regard, dès la première seconde, un peu comme deux futurs mariés ! Je chantais Come Fly With Me de Sinatra, et d’autres chansons de Ray Charles ou Dean Martin. Lui s’est mis à m’accompagner à la guitare, et tout a démarré.

 

Cédric La Chapelle : J’étais venu à Goa pour les vacances, sans chercher quoi que ce soit. Je suis reparti avec sa voix sur mon minidisc. Je l’ai poussé à composer, écrire ses propres chansons, et enregistrer. Je savais dès le début que la magie opérerait. Avant ce fameux concert aux Transmusicales, je n’avais vu Joe qu’une seule fois sur scène, à Delhi. On avait fait quelques reprises des Beatles, avec quelques amis, et en voyant la réaction du public, j’ai su que cela marcherait, malgré tous les obstacles administratifs pour le faire venir en France. Et malgré le manque de répétitions, car nous n’avons pu répéter qu’une fois tous ensemble avant notre premier concert à Rennes.

 

Slow Joe : En réalité, il cherchait un jeune bluesman prometteur, et il m’a trouvé ! (rires)

 

 

 

 

 Premier clip de Slow Joe & The Ginger Accident

 

 

 

 

 

Quel était votre parcours musical avant de vous rencontrer ?

 

Slow Joe : Quand j’étais jeune homme, je chantais dans les clubs de Bombay pour des jam sessions, le dimanche matin. Essentiellement des reprises de standards de jazz. On m’a souvent proposé de jouer dans les soirées et de me payer, mais je n’étais pas intéressé. Je n’ai jamais eu l’intention de jouer pour de l’argent. C’est d’ailleurs la première fois, avec Ginger Accident, que la musique est devenue une profession pour moi.

Cédric La Chapelle : C’est aussi une première pour moi et les autres membres du groupe. Avant cette expérience, je jouais dans des groupes de post-rock à Lyon, dans un circuit amateur. Et je donnais des cours privés de maths à côté pour gagner ma vie et dégager du temps pour la musique.

 

 

 

Comment était votre vie à Bombay, à cette époque, Joe ?

 

Slow Joe : Très floue. Je prenais des drogues, beaucoup de drogues. J’ai été toxicomane, j’y ai consacré trente-cinq ans de ma vie. Je crois avoir essayé toutes les drogues imaginables, sauf le « Snake Bite » [morsure de serpent prisée pour ses effets narcotiques]. Après m’être installé à Goa, j’ai décroché seul et suis devenu conseiller en toxicomanie.

 

 

 

 

 

 

 

 Concert de Slow Joe & The Ginger Accident à la Mix Box

 

 

 


 

L’alchimie entre vous fonctionne parfaitement sur disque. Comment avez-vous « travaillé » cette spontanéité ?

 

Cédric La Chapelle : Nous avons pris notre temps. L’album devait sortir en 2010, mais l’enregistrement a été plus long que prévu. Nous avions besoin de vivre ensemble, de faire des concerts. Et de comprendre que les maquettes originales étaient parfois supérieures aux versions définitives. Parfois, la voix de Joe se suffisait à elle-même, sans artifice ni instruments. C’est le cas sur Just One Touch. Parfois, on a pris le parti inverse, comme sur Money Mama, où l’on a invité un choeur de 62 collégiens pour le refrain.

Slow Joe : Nous avons mis dans ce disque mes amours de jeunesse, Frank Sinatra, Perry Como, Rosemary Clooney, mais aussi le rock’n’roll, les Beatles. On ne voulait pas d’un album de ballades jazz, mais quelque chose de groovy, de dynamique.

 

 

 

Une tournée est prévue en Inde en novembre. Vous réjouissez-vous de ce retour sur vos terres ?

 

Slow Joe : Je suis surtout heureux pour mes musiciens. Mais je ne m’en réjouis pas à titre personnel. L’accueil du public là-bas n’est pas aussi bon qu’ici.

 

Cédric La Chapelle : Nous avons organisé les concerts avec les Alliances françaises, mais on ne voulait surtout pas jouer devant un public français. Il y aura une date dans un festival universitaire à Bombay, devant 75 000 étudiants. Communiquer avec un public indien jeune et pas forcément issu des classes supérieures, c’est ce que nous cherchions.

 

 

 

Propos recueillis par Jérome Pichon


28/11/2011
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