Prix du scénario au Festival de Cannes, Footnote, le quatrième long-métrage du réalisateur israélien Joseph Cedar (Beaufort, Campfire, Time of Favor), s'immisce dans le petit monde ésotérique de la recherche talmudique, à Jérusalem. Il en tire une comédie dramatique autour de la complexité du rapport filial...
Les Sckolnik sont chercheurs de père en fils. Depuis des décennies, l’existence d’Eliezer, le père (Schlomo Bar-Aba), est réglée comme du papier à musique : il la consacre entièrement à la recherche et à l'étude du Talmud. Sa "Footnote" (ou "note de bas de page") est la seule fierté de ce chercheur puriste. Frustré par le manque de reconnaissance de ses pairs pour ses travaux, ce misanthrope est devenu un homme renfermé et acariâtre. Son fils Uriel (Liam Ashkenazi) jouit, quant à lui, d'une réputation sans pareille et ne manque pas de reconnaissance dans le milieu.
Le destin des deux personnages bascule lorsqu'un beau jour, le père reçoit un appel du ministère de l'Education : l'académie décide de lui remettre la récompense la plus prestigieuse qui soit, le prix d'Israël. Cette journée s'annonce être le plus belle de sa vie, ou la pire...
Bande-annonce du film Footnote
Footnote rappelle les classiques de la comédie italienne des années 50-70, sans en égaler le cynisme. Bien que certains parlent d’une comédie qui peine à faire rire, l’intérêt de cette réalisation réside dans l’alliance réussie du comique et du dramatique, qu’incarne admirablement Schlomo Bar-Aba. Ce personnage moliéresque, à la fois dur et risible, dévoile peu à peu toutes ses névroses et son besoin maladif de reconnaissance. La mise en scène mêle une série de petites séquences, parfois animées, qui donne au scénario son dynamisme et son originalité. L'action est rythmée par une petite ballade orchestrale qui rappelle le Pierre et le Loup de Prokoviev, tandis que la confrontation père-fils est appuyée par l’alternance répétée du plan rapproché et du gros plan.
"Mon film c'est un peu tout ça : une note de bas de page sur de petits enjeux", explique le réalisateur. Assurément, après Beaufort, son plus grand succès, qui traite de la guerre libano-israélienne, Joseph Cedar surprend avec Footnote. Le prisme du petit monde de la recherche talmudique nous plonge autrement dans la société israélienne et dénonce une sorte de mascarade institutionnelle en jouant sur l’absurde et les rivalités entre chercheurs. Mais surtout Footnote, en abordant un sujet universel tel que le rapport filial, séduit par sa composition originale et la prestation des deux acteurs. Une réussite de plus pour le jeune réalisateur...