Roumanie, de nos jours. Dans une ville oubliée sur les rives de la Mer Noire, Nae (Aron Dimény) trompe l'ennui en même temps que le mari de l'épicière... A la mort de son oncle Luka, survenue dans un lointain pays d'Europe (la France...), Nae et sa mère Magdalena (Adriana Trandafir) gagnent l'hexagone pour organiser les funérailles. Héritant des biens de Luka, Nae devient véritablement adulte en s'appropriant le passé de cet oncle méconnu, prêt à parcourir le chemin du retour, parsemé de rencontres sidérantes, du sorcier africain au douanier zélé.
Bande annonce du film "Europolis"
Dans cette oeuvre cinématographique le symbolisme est hissé au rang d’art : le cheminement des personnages émaillé d’introspections, les situations oniriques et le parcours initiatique de Nae nous conduisent à travers cette oeuvre foisonnante comme l'on suivrait à tâtons le fil d'Ariane dans un monde aux codes mystérieux. La magie de ce film réside dans ses deux niveaux de lecture, à première vue une critique amère de l'après-communisme dans la Roumanie rurale et vivant dans l'attente d'une Europe fantasmée. Dans un second temps s'installe un climat extatique, loin de la narration linéaire, où le rythme s'étire jusqu'à devenir un temps circulaire, qui préfigure le mythe de l'éternel retour.
Europolis est le premier long-métrage de fiction du réalisateur roumain installé en France, Cornel Gheorgita. Sans compter sa beauté plastique ahurissante, Europolis, avec ses situations absurdes et cocasses, fait penser à l'humour absurde et désabusé de Ionesco. Avec Gheorgita, le cinéma roumain est entre de bonnes mains, et la profusion de références profanes et sacrées ( loin de déstabiliser le spectateur ) drappe l'oeuvre d'une aura de mystère au charme désarmant.