Jamaïque : l'arrestation de Vybz Kartel crée la polémique
18/10/2011
Vybz Kartel, le plus populaire des chanteurs jamaïcains contemporains (dans son île en tout cas), est à nouveau en prison. Il y a ses habitudes : en juillet 2010, il y a passé deux semaines. Mais, cette fois, la peine risque d'être plus longue. Les enquêteurs de la MIT, la brigade anti-criminalité jamaïcaine, l'accusent en effet de complicité dans l'assassinat de Barrington Burton, alias "Bossie", un homme d'affaire de 27 ans assassiné le 11 juillet 2011. Le chanteur est également poursuivi pour port d'arme illégal et détention de stupéfiants.
Love dem de Vybz Kartel
Pour Vybz Kartel, la violence, désormais quotidienne à Kingston, semble être depuis longtemps plus que l'arrière-plan de ses chansons : un véritable fonds de commerce. Le jeune deejay s'est imposé dès le début des années 2000, grâce à un débit incontrôlable et aux productions tranchantes de l'un de ses partenaires, Don Corleon. Mais ce sont également les thématiques sulfureuses de ses titres, principalement consacrés au sexe et au mode de vie des hors-la-loi, qui ont créé une véritable "kartelmania" en Jamaïque et au-delà (il a notamment collaboré avec Missy Elliott et Rihanna).
Kill dem all & done de Vybz Kartel
La nouvelle de son arrestation a relancé dans les Caraïbes un débat sur ce qui peut être diffusé à la radio. L'association Freemuse, qui milite pour la liberté d'expression des musiciens mais n'élude pas cette problématique, relaie les propos de Roger Perry. Ce producteur d'Antigua, une petite ile anglophone située au nord de la Guadeloupe, a en effet déclaré : "Certaines chansons de Vybz Kartel sont jouées sur toutes les radios d'Antigua, alors qu'elles ne peuvent être jouées en Jamaïque. Nous les importons pour les jouer. C'est idiot. Nous devons trouver un moyen d'empêcher ces excès." Mais qui pourra juger de ce qu'il faut censurer ? Roger Perry ?