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ACTUALITECHANSON FESTIVALDernier hommage à Allain Leprest, pacifiste inconnu02/10/2011
Cet été, la France a perdu son autre Rimbaud… C’est au plus chaud de la saison, quand la lumière est au plus fort de la démesure, que le chanteur et poète Allain Leprest a choisi de se donner la mort. Mais, avant de glisser à contre-courant sur l’autre rive, il a pris soin de nous dicter son épitaphe : « Nu, le torse nu / Je voudrais qu’on m’inhume / Dans mon plus beau posthume : Pacifiste inconnu ». Faudra-t-il désormais creuser la terre d’Antraigues, pays de son ami Jean Ferrat, pour y découvrir ses secrets de paix et de poésie ?
La gitane d'Allain Leprest
« Nul n’est prophète en son pays » dit le dicton populaire, et Leprest, poète à la trempe d’un Ferré, reste méconnu du grand public. A l’abri des hits-parades dont il se fichait éperdument, le géant était un fidèle des petites salles, qu’il aimait et qu’il comblait. Une fois que le chanteur était entré sur scène, le public se tassait dans le silence pour ne rien perdre du verbe nu que l’écorché vif avait écossé pour lui ressembler. Tantôt mélancolique, tantôt coco, ou tout ça à la fois, il égrenait ses images et ses airs - de « l’île de Malenfance » à la chanson des canuts qu’il gueulait à tue-tête - avec une voix grave et rocailleuse qui n’avait que faire d’être dans les temps.
Nu d'Allain Leprest
Nougaro parlait souvent de Leprest et le considérait comme « l’un des plus foudroyants auteurs de chansons entendus au ciel de la langue française…» Il faut dire qu’Allain, assujetti à ses deux « l » qui l’emmenaient très loin, avait une fâcheuse tendance à rendre l’éther délétère, inflammable. « J'ai peur de tout ce que je serre / Inutilement dans mes bras / Face à l'horloge nécessaire / Du temps qui me les reprendra ». L’équilibre fragile du poète tenait de l’art, de son art, « et de tout le désespoir qu’il faut à l’espérance ». Mais Leprest a pas mal roulé sa bosse, et même gagné un combat contre le crabe avant de tirer sa révérence, alors plaignons plutôt « celui qui n’a jamais étreint le chagrin » !
Une valse pour rien d'Allain Leprest
« Le temps de finir la bouteille / Je t'aurai recollé l'oreille Van Gogh et tué le corbeau / Qui se perche sur ton pinceau / Encore un pleur, encore un verre / La rue marchera de travers / Le vent poussera mon voilier / Je serai près de vous à lier ». Allain Leprest a fini la bouteille, et, pour lui rendre hommage, quelques artistes parmi lesquels La Rue Kétanou, Melissmell, Loïc Lantoine et Véronique Pestel se sont réunis à l’ouverture du Festi’Val de Marne. Adieu l’ami, donne nous de tes nouvelles !
Le temps de finir la bouteille d'Allain Leprest
Irène Ranson 02/10/2011 CHANSON FESTIVAL
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