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Du Ukulélé à Paris

21/09/2011

Nos chers voisins britanniques sont connus pour leurs marottes. Si s'acharner à rouler du mauvais côté de la route aux yeux des deux tiers de la population mondiale et ajouter une goutte de milk à 5 o'clock pm pétantes sont leurs vices les plus connus, ils cultivent d'autres obsessions moins célèbres mais tout aussi délectables.

 


 

Le UOGB au TDV avec, dans le désordre George Hinchliffe, Dave Suich, Peter Brooke-Turner,
Hester Goodman, Richie Williams, Kitty Lux, Will Grove White et Jonty Bankes

 


L'une d'elles concerne leur passion pour un instrument de musiques à quatre cordes aux dimensions enfantines. Depuis des temps immémoriaux, ils aiment à se réunir pour jouer ou écouter des virtuoses de cette mini guitare venue de Madère, avant qu'elle ne transforme son nom de Machete en Ukulélé après un séjour prolongé à Honolulu. Le prince de Galles, Edouard Windsor en était fou et en équipait la famille royale. Le chanteur George Formby et son ukulele était sans doute, au siècle dernier, l'attraction musicale la plus prisée en Grande Bretagne avant l'ascension des Beatles, dont certains membres, George Harrison en tête, aimaient, plus que tout au monde, se détendre en compagnie de cet aimable instrument. Si, en France, le Ukulélé Club de Paris jouit d'un bon succès d'estime, la popularité du Ukulele Orchestra of Great Britain est incomparable. Sur Youtube, la majorité de leurs vidéos dépasse le million de visiteurs. Il faut dire que leur répertoire est particulièrement bien choisi et qu'ils soignent leur présentation, le tout in a very british way.

 

Aussi bizarre que cela paraisse le Ukulele Orchestra of Great Britain, crée en 1985, se produit ce soir pour la première fois de leur carrière à Paris. Ils nous affirment leur bonheur de pouvoir ainsi ajouter, à la façon des marques de luxe, Paris à London, New York et Tokyo. Ils nous affirment aussi que nous sommes à l’Olympia mais là on a un peu de mal à les croire. Ils poursuivent avec un « delicious » accent, en jouant sur les mots de notre langue, nous informant qu’ils avaient mangé leurs sandwichs et que maintenant c’était huitres et demie, soit l’heure  du début des agapes.

 


 

Le plus petit Ukulélé de l'Orchestre

 


Sur scène, en robe ou smoking, ils sont 8 à caresser un ukulélé, de taille différente. Comme dans tout orchestre, chacun a son rôle, ténor, baryton soprane ou basse, mais chacun au fur et à mesure de la soirée prendra le lead au chant ou à l’instrument. Leur répertoire puise largement dans l’histoire du rock international mais leur programme démarre sur un hommage à Marilyn Monroe avec Running Wild, que la blonde icone immortalisa dans le Some Like it Hot de Billy Wilder. Cette savoureuse escapade américaine est suivie par une embardée d’origine psychédélique avec le Silver Machine de Hawkind, groupe anglais échevelé des seventies qui comptait dans ses rangs le futur leader de Motorhead, Lemmy. Le morceau suivant est d’anthologie, puisque le U.O.G.B. transforme l’hymne punk des Sex Pistols « Anarchy in the UK » en une  ballade bucolique, qui, en faisant abstraction de son texte, ne jurerait pas dans une production pour enfants. Ce morceau de bravoure a inspiré le titre d’un dvd du groupe « Anarchy in the Ukulélé ».

 

 


 

Anarchy in the UK au Jazz festival de Bingen en 2009

 

On aura compris que ces 8 musiciens british marient leur passions musicales avec un humour taillé comme un costard d’un lord de la City. La suite ne dément pas cette information, puisqu’ils arrivent à faire tenir sur le même arrangement le Life on Mars de David Bowie avec la version française et donc originale de My Way : Comme d’Habitude. Cloclo sur un plan d’égalité avec Ziggy Stardust, ces anglais là sont des flatteurs.

 

Deux autres surprises francophones nous attendent. Ils nous gratifient, texte en main, du Gabriel de Jean-Philippe Smets (sans jamais prononcer  le nom! de Johnny), invitant pour l’occasion la webmaster de leur fan club français Julie Kinot à les rejoindre. Au rappel, après nous avoir avoué qu’ils revenaient parce que la porte vers les loges était fermée, ils  nous scotchent avec un hilarant « Je t’aime moi non plus » de Gainsbourg. Entre temps nous aurons apprécié leur virtuosité humoristique et musicale appliqué à des reprises de Nirvana, Talking HeadsClash, Velvet Underground, Chic ou Ennio Moricone et Bach.

 

 
Julie Kinot et Dave SuichPendant Gabriel de Jean-Philippe Smets

 

 

Le public est si enthousiaste qu’ils reviennent une seconde fois pour une ultime prouesse. Feignant un désaccord entre eux pour le choix du morceau, chacun d’eux chante son favori, les uns à la suite des autres puis en même temps sans jamais friser la cacophonie. Ainsi, ils nous démontrent que Fly me to the Moon (Sinatra), le thème de Love Story (Francis Lay), Une chanson qui nous ressemble (Montand), Killing me softly with this song (Roberta Flack), Hotel California (Eagles) ou  I will survive (Gloria Gaynor) possèdent la même ADN que les œuvres de Georges Haëndel.


 


Joli pot pourri

 

Avec le Ukulele, c’est l’anarchie dans la hiérarchie et ça fait du bien !

 


 

 

Benjamin MiNiMuM

 

 

 

 Et aussi sur le web :

Le site du Ukulele Orchestra Of Great Britain

Le site du Théâtre De la Ville

 

 


21/09/2011
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