Livres de l’été indien : "Shantaram" de Gregory David Roberts
22/08/2011
Le grand roman sur la pègre indienne a été écrit … par un Australien ! Improbable mais impressionnant, Shantaram s’appuie sur la vie trépidante de Gregory David Roberts, en prenant parfois quelques libertés avec la réalité. Après un divorce douloureux et la perte de la garde de sa fille, le double de l’auteur est tombé dans la drogue et a commis plusieurs vols à main armée. Emprisonné, il est parvenu à s’enfuir et à pénétrer clandestinement en Inde.
Ce qui suit a fait le succès du roman, vite devenu culte. A peine installé à Mumbai, le protagoniste fait la connaissance de Prabaker, un Indien qui lui fait découvrir la face la plus sombre de la ville mais qui l’invite également à passer six mois dans son village natal, où il acquiert le surnom de « Shantaram » (« homme de paix »). En rentrant à Mumbai, Shantaram se fait voler toutes ses possessions. Il est obligé de vivre dans un bidonville, dont malgré la modestie de ses connaissances, il devient vite le médecin. Il attire l'attention de Khader, le parrain de la mafia de Mumbai, qui, peu à peu, lui présente la pègre de la ville. Shantaram alterne professions respectables et louches : trafiquant de monnaie, professeur, contrebandier au profit des moudjahiddins afghans, … Une question rythme le récit : combien de temps encore échappera-t-il à la police ?
Avec ses 871 pages, ce livre est de ceux qu’on emporte à la plage pour servir d’oreiller mais qu’on ne lâche finalement pas avant la dernière page. Si, malgré tout, le poids de cette masse de papier vous effraie, il ne vous reste qu’à attendre la sortie du film dans lequel Johnny Depp jouera le rôle de Shantaram, prévue pour la fin de l’année.
Eloise Stevens & François Mauger
Shantaram de Gregory David Roberts, Editions J'ai lu, 871 pages