Le carnaval de Barranquilla vient de perdre son plus fidèle souverain. Le chanteur et musicien Joe Arroyo s’est éteint ce mardi 26 juillet dans une clinique de la ville, après plus d’un mois de lutte contre la maladie. Pour la Colombie, cet homme restera un des plus grands interprètes de la musique caribéenne, au-delà de toutes ses frasques et de tous ses excès.
Live d'« En Barranquilla me quedo »
Né dans un quartier pauvre de Carthagène, le premier novembre 1955, Alvaro José Arroyo, de son vrai nom, n’a jamais été un enfant comme les autres. A l’âge de huit ans, tandis que ses camarades de jeux préfèrent déambuler dans les ruelles en s’imaginant une vie meilleure, il débute sa carrière de chanteur professionnel. Les mirages de cette ville côtière, ouverte sur le monde et directement influencée par les Caraïbes, n’ont pas réussi à altérer ses aspirations. Dans sa lancée, il rejoint la chorale de la cathédrale de la ville à l’âge de douze ans. Commence alors de nombreuses rencontres, notamment avec le grand orchestre de Fruko y sus Tesos, qui consacrera sa tessiture unique de ténor et sa passion pour la salsa.
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« Confudido », interprêté par Fruko y sus Tesos et Joe Arroyo
C’est en 1981 qu’« El Joe » entame sa véritable carrière solo et enregistre Arroyando, avec l’orchestre qu’il vient tout juste de former, La Verdad (La Vérité). Victime de son succès et n’en comprenant pas les dangers, il commence à s’enfoncer jour après jour dans la drogue et frôle l’overdose. Entre les hospitalisations et les cures de désintoxications, il compose plus d’une vingtaine d’albums, en mélangeant le meilleur de la musique caribéenne et colombienne. Beaucoup de ses titres prennent ainsi la dimension de véritables hymnes, comme La Rebelion, El Preso et Yamulemao, où il renoue avec ses origines africaines en chantant en wolof.
Son titre « Rebellion », extrait du dernier concert en France de Joe Arroyo
Aujourd’hui, sa Colombie natale devient orpheline alors que les hommages affluent de part et d’autre du pays. Comme l’a confessé le président Juan Manuel Santos, « c’est une grande perte pour la musique et la Colombie » en se disant profondément « attristé de la mort de Joe Arroyo ».