Prenez une fanfare traditionnelle du Maghreb, remplacez la zorna, l'équivalent local de la bombarde bretonne, par une section de cuivres et vous obtiendrez Fanfaraï, fanfare pour le moins épicée! Dernière-née du percussionniste Samir Inal, déjà leader du groupe Ziraya, la formation conjugue la fougue de la jeunesse et la sagesse de la tradition.
La fanfare perpétue en effet cette coutume toujours vivace de l'autre côté de la Méditerrannée : déambuler dans les rues pour avertir la population de grands événements, tels que mariages, circoncisions, etc... A l'instar de l'Oranais Messaoud Bellemou, qui, en visionnaire, a contribué à linvention du raï en troquant sa flûte contre une trompette, Fanfaraï, en cuivrant à son tour le rythme algérien, dépasse les frontières. Les arrangements audacieux du trompettiste Patrick Touvet enrichissent cette musique d'origine arabo-andalouse de thèmes arabo-berbères et de rythmes latinos afro-cubains, gnawa et jazz.
Fanfaraï - Chilet Laayani (extrait de leur album)
Fanfaraï ne se cantonne pas au raï mais interprète aussi la musique populaire et traditionnelle du Maghreb, celle qui date d'avant l'établissement des frontières par le colonisateur. En étant confrontée à d’autres influences culturelles, ce répertoire se fond dans un métissage à l'énergie très communicative.
Sur scène, Fanfaraï enrichit sa formation déjà impressionnante (trompette, saxophones, soubassophone, trombone, trompette, conga, derbouka, tar, t'bal, karkabous, ...) d'un chanteur-violoniste, Abouabdellah Khlifi, et d'un batteur. Leurs pérégrinations de musiciens itinérants se sont même concrétisées par un premier album : "Raï cuivré". Autant dire que ces inépuisables souffleurs n'ont rien de fanfarons.