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Le souffle de Zanzibar

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ZANZIBAR FESTIVAL SAUTI ZA BUSARA OCEAN INDIEN VOYAGE

Le souffle de Zanzibar

20/06/2011

Le festival Sauti Za Busara s'est déroulé en février dans le quartier historique de Stone Town, à Zanzibar City. L'occasion de prendre la température d'un melting-pot singulier, liant l'Afrique noire à la culture arabe et au souffle de l'océan indien.

 

 

 

Zanzibar, un jour de février. A quelques mètres de l'océan, Aspara est assis sur le seuil d'une ancienne maison d'esclaves, qui appartint à un cheikh de la péninsule arabique. Il regarde passer les touristes, les jours et les saisons avec la sérénité nonchalante que peuvent avoir les peuples insulaires et côtiers. Trois familles de l'île de Pemba vivent chichement sous son aile, des dons laissés par les touristes. La sienne a quitté l'île lors de la révolution de 1963, mais lui a souhaité rester. Le sol du dernier étage, ouvert aux quatre vents, est recouvert de photos et d'enveloppes envoyées par des touristes des quatre coins du monde, de flyers et d'affiches du festival. « C'est mon bureau, et c'est là que je dors ».

 

 

Les temps forts du festival Sauti za Busara, 2011

 

 


Plages de rêve, eau turquoise... Celle qu'on a baptisé l'île aux épices est aussi l'endroit des mille saveurs : fruits exotiques, jus de sucre de canne au gingembre, curry de poisson. Les Zanzibarais vivent essentiellement de la pêche, qu'ils pratiquent sur les dhows (boutres). Ces bateaux ont même donné son nom à la Dhow Countries Music Academy, l'école de musique de la ville, primée l'automne dernier d’un Roskilde Festival World Music Award, lors du Womex à Copenhague. Les instruments traditionnels y ont la part belle (oud, qanun, ney), et elle accueille aujourd'hui 30% d'étudiantes, dans une île musulmane et conservatrice... Signe des temps.

 

 

 

Bi Kidude

 

 


C'est dans les vieilles pierres du fort de Stone Town, bâti par les Arabes d'Oman pour résister aux assauts portugais au XVIe siècle, que se tient chaque année le festival Sauti Za Busara (« les sons de la sagesse »), qui transforme l'espace d'une semaine, à la mi-février, cette ville touristique en capitale musicale d'Afrique de l'Est. On y croisait cette année les routards béninois du Poly-Rythmo, le hi-life du collectif londonien Yaaba Funk ou le maloya de la Réunionnaise Christine Salem, ainsi que des groupes en provenance du Kenya, d'Ouganda, de Zimbabwe, de Zambie ou de l'Ile Maurice...

 

 

 

 

 

 

L'évènement fait la part belle aux musiques locales et notamment au taarab, qui mêle la tradition des grands orchestres arabes aux rythmes sub-sahariens et aux sonorités de l'océan indien. Un style embrassé par le bluesman américain Taj Mahal en 2005 sur l'excellent Mkutano, en compagnie du Culture Musical Club de Zanzibar, orchestre emblématique de l'île. Dans son speech d'ouverture, Yusuf Mahmoud, le directeur du festival, rendait d'ailleurs hommage à trois grands musiciens de taarab disparus récemment : Ikhwan Sfaa, Bakaria Bedi et Idi Faraani.

 

 

 

 

 

 


Un peu plus loin, devant les terrasses d'hôtels et restaurants, les gamins de la ville répètent chaque jour, au coucher du soleil, les figures de capoeira, qui aurait voyagé vers l'Est depuis l'Angola. Les vestiges de l'époque portugaise et la culture arabe donnent à Stone Town des allures d'Essaouira de l'Est, architecture coloniale anglaise, climat équatorial et souffle de l'océan Indien en plus... Délicieux.

 

 

 

 

 

 

 

Jean Berry


20/06/2011
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