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Le voyage des Chats Persans

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LES CHATS PERSANS CINEMA IRAN TAKE IT EASY HOSPITAL

Le voyage des Chats Persans

10/06/2011

Principaux instigateurs du film de Bahman Ghobadi les Chats Persans, qui décrit la scène musicale underground de Téhéran, Ashkan Kooshanejad et Negar Shaghaghi vivent aujourd’hui à Londres où ils se consacrent à leur groupe Take It Easy Hospital. Ils ont écrit, à quatre mains, un livre Les Chats Persans (éditions Florent Massot) qui raconte leur véritable histoire. Rencontre parisienne avec des musiciens libérés.

 

 


Le livre décrit votre vie de musiciens à Téhéran jusqu'au moment où vous avez joué dans le film de Bahman Ghobadi et avez quitté l'Iran pour l'Europe. Il est écrit le plus souvent du point de vue d'Ashkan.  Comment avez-vous collaboré pour l'écriture ?


Negar Shagaghi : Ashkan m'a raconté ses histoires et j’ai rédigé. On l’a donc fait ensemble.

 

 
Parmi toutes les choses bizarres qu'un occidental peut apprendre en le lisant, un fait semble assez paradoxal: On vous a emprisonné pour avoir joué dans un concert rock et en même temps, les instruments électriques, la technologie ou la musique indépendante semblent circuler librement.  Comment l’expliquez-vous ?


Ashkan Kooshanejad : Je crois que le livre entier concerne ce paradoxe. En fait il n'y a pas beaucoup d'instruments en Iran, et ils sont de très mauvaise qualité, mais ils sont en vente libre. Tu peux en jouer à la maison, mais tu n’a pas le droit de le faire dans un spectacle public. L’Iran s’oppose à la culture américaine, mais nous avons aussi le baseball.

 


Une autre chose surprenante c’est que vos références musicales sont très pointues et tout à fait contemporaines aà la période que vous décrivez. Comment vous informiez vous sur la musique ?


Ashkan Kooshanejad : Internet n'a pas de limite et aide beaucoup quand tu fais des recherches. Tu peux télécharger n'importe quoi. Avant il y avait des amis voyageurs qui rapportaient des cassettes et nous les copiaient. C'est comme ça que l’on peut suivre la musique en temps réel. Mais quand tu habites un pays libre, si tu veux de la musique alternative tu utilises l'internet parce que ce qui passe à la télé et apparaît dans les classements c’est de toute façon la pop manufacturée, donc c'est un peu la même chose.

 


En Iran il y a aussi eu des mouvements rock.  Avez-vous écoutez ces musiciens ?

 

Ashkan Kooshanejad : Le seul mouvement rock que je connaisse s’est produit dans les années 70. Ces musiciens (dont Kourosh Yaghmaei ndlr) composaient une sorte de fusion, des musiques classique, traditionnelle, rock et blues mais je crois que ça s'est arrêté en 1979 (Année de la révolution qui a transformé l’Iran en république Islamique ndlr). Aujourd’hui ça revient.

 


Maintenant vous vivez à Londres, qu’est ce qui vous plait-la bas ?

 

Negar Shagaghi : Londres est une grande ville. C'est très différent de Téhéran. C'est bien de voyager et de voir d’autres choses et d'avoir des expériences. C'est une nouvelle expérience, des personnes différentes.  En Angleterre la scène musicale est riche et compétitive. C'est pour ça qu'on aime y vivre. 

 


Comment se passe votre vie londonienne ? Rencontrez-vous d’autres musiciens ?
 

Ashkan Kooshanejad : Nous avons l'habitude de fermer la porte et de jouer de la musique 24heures sur 24, 7 jours sur 7 donc nous ne voyons pas beaucoup d’autres personnes. J'espère que quand nous commencerons à faire des tournées, nous ferons des rencontres. Pour l’instant, nous nous concentrons sur l'album. Nous ne voyons pas grand chose d'intéressant autrement.
 

 

 

 

 Clip de Take It easy Hospital, "Human jungle"

 

 


Quelle sera la couleur de votre album ?
 

Ashkan Kooshanejad : Ca devrait être un mélange de 6.000 couleurs mises ensemble qui ne reflètent pas l'image habituelle du monde. Nous essayons toujours de créer une fantaisie musicale. Une évasion de la réalité par la musique.
 


Combien de chansons avez-vous écrit depuis que vous êtes en Europe ?
 

Ashkan Kooshanejad : Environs 80.
 

 
Ca fait presque une par jour  ! (rires)
 

Ashkan Kooshanejad : On ne va pas tout mettre dans l'album.  Pour nous, la vie est un spectacle, devant les caméras ou non. Nous nous réveillons, nous faisons un spectacle pour nous-mêmes, nous nous en servons pour l'enregistrement, nous expérimentons.
 


Que sont devenus vos amis à Téhéran ?

 

Ashkan Kooshanejad : Pooya, mon frère est à Londres. Il fait un album avec son groupe « Fonts ».

 


Avez-vous des nouvelles des autres musiciens iraniens que l’on voit dans le film ?
 

Ashkan Kooshanejad : Certains sont partis à New York où ils font des concerts, participent à des festivals. Yellow Dogs enregistre un disque en ce moment à New York. Le rappeur Hichkas va faire un concert demain à Londres (l’interview s’est déroulée le 27 mai 2011 ndlr). Je ne sais pas pour les autres.
 


Qu’est ce qui vous manque le plus d'Iran?  La nourriture dont vous parlez souvent dans le livre ?
 

Ashkan Kooshanejad : Non, parce que les restaurants iraniens sont très bons à Londres.
 


Les couleurs, les lumières ?
 

Ashkan Kooshanejad : L’endroit où tu nais n'est pas celui où tu as choisis de vivre. Ce serait dommage si tu vis dans un pays pendant 25 ou 60 ans de ne pas saisir l'opportunité de voir le monde. Je pense que ce n'est pas bien de rester dans un seul endroit car le monde est là pour être découvert. Il y a tellement à voir à apprendre. L'endroit où tu es né aura toujours une place spéciale dans ton cœur, mais tu ne devrais pas y rester coincé.
 


Et vous avez voyagé un peu ?
 

Ashkan Kooshanejad : Nous avons visité quelques endroits en Europe, comme la France ou certains pays de l'Est, mais nous avons été très occupés. J’espère qu’à travers la musique, nous allons voyager de plus en plus. Oui j'adorerais visiter plein de pays. J'espère qu'on va commencer à y aller.

 

 

 

 

Ashkan Kooshanejad et Negar Shaghaghi Les Chats Persans, édition Florent Massot

 



Benjamin MiniMuM

 

 

Et aussi sur Mondomix.com :

 

- Les Chats Persans : " Défoncez les portes, haussez le ton, c'est à ça que sert la musique"

 

- Les voix étouffées du cinéma iranien


10/06/2011
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