Rencontre des arts orientaux au Festival Arabesque
26/05/2011
« Ensuquée » par le « cagnard » montpelliérain, une horde de spectateurs guette l’arrivée de cavaliers. L’équipe des voltigeurs de France entame la dernière journée du Festival Arabesque organisé au domaine d’O, par une série d’acrobaties vertigineuses sur des chevaux lancés au galop. C’est ensuite au tour d’impétueux cavaliers marocains de prendre les rennes et de célébrer une fantasia. Si le public assiste au rituel de préparation des fusils, il n’en sursaute pas moins au moment du tir guerrier.
La sixième édition de ces rencontres entre les arts orientaux se poursuit en musique à la Kasbah d’O. Sur une scène cernée par des micocouliers, Yahia Bouchala et ses musiciens apportent un parfum algérois. Pendant plus de trente minutes consécutives, le chanteur interprète des morceaux du répertoire chaâbi. Un sourire aux lèvres qui ne la quittera plus jusqu’à la fin du concert,Sophia Charaïentre en scène. La voix suave de la marocaine s’élève. Passant de l’arabe au français, elle mélange les genres et fait cohabiter des sonorités africaines, indiennes, brésiliennes, flamenco…
Sophia Charaï
Le temps de longer un champ d’olivier et le public se retrouve dans la quiétude d’une pinède ombragée. Une flopée de jeunes bénévoles s’active les bras chargés d’assiettes remplies de kefta et d’houmous. La lumière entre chien et loup annonce pourtant le début du concert de Jil Jilalasur la vaste scène de l’amphithéâtre. Le public, au fait des paroles du groupe marocain, investit timidement puis franchement la piste de danse, entrainé par le rythme gnawa du groupe marocain.
HK et Les Saltimbanks
Ni le mistral, ni les quinze minutes de battement avant le groupe suivant, ne réussissent à décourager les festivaliers. HK fait une entrée remarquée introduite par le morceau Salam Alaykoum. Le rappeur roubaisien d’origine algérienne, accompagné de sesSaltimbanks, met littéralement le feu sur scène, faisant mettre à genou ou taper des mains le public, à son grès. L’artiste engagé aborde des sujets sensibles, pastiche le président de la République ou imite l’accent du bled sur des airs d’accordéon, d’oud et de guitare. On lâche rien repris en cœur dans la fosse, suivi d’un dernier morceau interprété au milieu de la foule, clôturent cette journée.
Et avec elle, s’achève le Festival Arabesque. Alors que le public se disperse peu à peu, les organisateurs éreintés mais satisfaits se retrouvent pour fêter la réussite de ces rencontres.