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Festival de Cannes : « Il faudrait être fou pour refuser de passer dix jours auprès de Robert De Niro »

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CINEMA FESTIVAL DE CANNES MAHAMAT-SALEH HAROUN TCHAD

Festival de Cannes : « Il faudrait être fou pour refuser de passer dix jours auprès de Robert De Niro »

10/05/2011

Il y a un an, quasiment jour pour jour, Haroun Mahamat-Saleh montait les marches qui mènent au Palais du Festival de Cannes. Il était, en 2010, le seul cinéaste africain à prendre part à la compétition officielle. Après l’avoir vu, nul ne s’est étonné que son film, Un homme qui crie, ait retenu l’attention des sélectionneurs. Epuré à l’extrême, il met aux prises un père et un fils. Sous les lumières saturées du Tchad, l’affrontement prend une dimension quasiment mythologique. L’amertume, la rage sereine qui sous-tend les somptueux plans d'Haroun Mahamat-Saleh a touché le jury, qui lui a décerné son Prix, l’une des plus belles récompenses du festival.   

 

 

 

(Vidéo : bande-annonce d' Un homme qui crie)

 


Au moment où « Un homme qui crie » sort en DVD, Haroun Mahamat-Saleh a une autre occasion de défendre sa vision du cinéma : il va participer au jury de cette soixante-quatrième édition du festival de Cannes. Entretien …

 

 


Quel effet cela vous a-t-il fait d’être à Cannes et de se retrouver ainsi en compétition avec des maîtres du cinéma du monde entier ?


On a le sentiment d’entrer dans l’histoire du cinéma et de faire désormais partie de la mémoire de l’humanité. J’ai toujours rêvé de me retrouver à ces endroits-là. Le prix que j’ai reçu m’encourage surtout à garder le cap, à continuer de travailler avec la même exigence, sinon plus, sans pour autant perdre ma sérénité.



Vous allez passer de l'autre côté de la barrière, puisque vous participerez au jury présidé par Robert De Niro. Dans quelles conditions avez-vous été invité à le rejoindre ?



Thierry Frémeaux m’a laissé un message, il me demandait de le rappeler de toute urgence. Je l’ai rappelé, je me trouvais au fin fond de la campagne tchadienne, en repérage. Il m’a demandé si je voulais faire partie du jury : ma joie était immense. J’ai dit tout de suite « Oui », sans hésitation. Il faudrait être fou pour refuser de passer dix jours auprès de Robert De Niro.



Finalement, n'a-t-on pas autant - ou plus - le trac quand on doit juger les oeuvres des autres que quand on va être soi même jugé ?



C’est vrai qu’il y a un trac, mais il est différent. Il n’y a pas d’enjeu pour moi comme l’année dernière. Ici, il s’agit tout simplement de faire un choix et de l’assumer.



Quels seront vos critères pour juger des films ? Quelle vision du cinéma allez-vous défendre ?



Je suis un bon spectateur. J’aime bien les films qui me prennent la main et m’emmènent pour un long voyage au cours duquel je me sens bouleversé, ému, transformé, …



Il n'y aura pas de film africain cette année dans la compétition officielle. Cette absence vous chagrine ? Ou vous semble-t-elle normale ?



Cette absence illustre peut-être la réalité de notre cinéma. Peu de films produits. Rien à se mettre sous la dent. C’est dommage. L’Afrique a besoin de rayonnement international et Cannes est l’endroit rêvé pour cela.



Avez-vous commencé à travailler sur un nouveau projet ?


Oui, je travaille actuellement sur un film dont le tournage est prévu au Sénégal et en France l’automne prochain. Cela s’appelle « African fiasco » …

 

 

 

Haroun

 

 

 

 

Propos recueillis par François Mauger


10/05/2011
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