The Bolivian Express, le guide de vos sorties ... dans les Andes
13/04/2011
Paris, Berlin, Tokyo, ... Les villes les plus touristiques de la planète sont toutes dotées d'un guide culturel hebdomadaire ou mensuel rédigé en anglais et destiné aux touristes. L'idée a fait son chemin jusque dans des cités plus isolées, comme La Paz. Située à plus de 3000 mètres, au pied du mont Illimani qui, lui, en mesure 6000, la capitale bolivienne n'est pas réputée pour sa créativité. Tout le propos du Bolivian Express, le premier guide culturel anglophone du pays, est donc de faire découvrir sa scène artistique, discrète mais foisonnante.
The Bolivian Express, magazine papier et web, a été fondé il y a moins d'un an par un groupe de jeunes aventuriers de la presse fraîchement issus de l'université. Ils ont vite été rejoints par des stagiaires anglophones qui souhaitaient apprendre l'espagnol tout en se faisant les porte-parole d'une culture méconnue. Aujourd'hui, le média est devenu indispensable à tous les amoureux de l’Amérique Latine qui regrettent l'isolement dans lequel sont plongés les hauts plateaux des Andes.
Le magazine attire par exemple l’attention sur des film mal distribués, comme El cementerio de los elefantes ("le cimetière des éléphants"). Son réalisateur joue à se faire peur avec des légendes urbaines : les "cimetières" sont en fait des bars et les "éléphants" les désespérés qui s'y réunissent pour se noyer dans l'alcool. Mal interprété, le film ne décrochera jamais une Palme d'Or mais son charme vient de la façon dont il rend la réalité sourdement inquiétante : il est basé sur un récit autobiographique et de nombreux Boliviens soutiendront que, oui, les alcooliques sans attaches sont – comme dans le film – sacrifiés pour apaiser Pachamama, le terre mère pour les Quechuas et les Aymaras.
(Bande-annonce d' El cementerio de los elefantes)
Cette Pachamama est au coeur de la culture bolivienne. Elle revient donc régulièrement dans les chroniques du Bolivian Express, notamment lorsqu’il s’agit d’interviewer Roberto Mamani Mamani, un célèbre peintre bolivien aymara. Chacun de ses coups de pinceau est dédié à la terre mère, chaque nouvelle couleur qu’il appose sur la toile la révèle. Les teintes scintillantes, les formes sereines de Mamani sont, pour citer l'artiste, comme un autel chargé d'offrandes, une forme de remerciement.
Mais le magazine ne s'intéresse pas qu’aux nouveaux atours que revêtent les traditions boliviennes. Il ménage également dans ses colonnes de la place pour des formes artistiques venues d’ailleurs. Il a ainsi enquêté sur la scène transe qui émerge dans le pays. Plus que la musique, c'est le lieu où Erofex et Lattus (les deux plus grands noms du mouvement) mixent qui retient l'attention : l’Incan Isla del Sol, un espace parfaitement approprié à la communication avec l’univers puisqu’il s’agit d’une île au beau milieu du lac Titicaca, à près de 4 000 mètres d’altitude.
(Vidéo : Jupiter d'Erofex)
Article après article, se dessine ainsi le portrait d’une Bolivie bien de son temps, dont les audaces politiques – pour la première fois depuis le dix-neuvième siècle, le pays est représenté par un amérindien, Evo Morales, qui a lancé de grandes réformes économiques et institutionnelles – se doublent de timides mais réelles audaces esthétiques.