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Les voix étouffées du cinéma iranien

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CINEMA IRAN TEHERAN CONTESTATION FEMME

Les voix étouffées du cinéma iranien

13/04/2011

Le 20 décembre 2010, le réalisateur Jafar Panahi a été condamné à six ans de prison et vingt ans d’interdiction de travail pour avoir filmé des manifestations anti-gouvernementales. Une peine lourde, résonnant comme un acte symbolique de la part d’un pouvoir iranien voué aux mesures les plus drastiques contre les artistes dissidents.

 

Le cinéma iranien a toujours été profondément marqué par la censure. Aux lendemains de la révolution islamique de 1979, celle-ci impose des codes stricts : pas de blasphèmes, d’idéologies subversives, de contacts entre hommes et femmes....C’est par ces restrictions que va naître un nouveau cinéma, à contre-courant des films commerciaux qui pullulaient jusqu’alors. Marqué par la nouvelle vague française et le néoréalisme italien, ce cinéma post-révolutionnaire révèle des esthètes d’une grande modernité, tels que Dariush Mehrjui, Mohsen Makhmalbaf, Abbas Kiarostami (dans ses premières heures), qui parviennent à contourner la censure pour poser de manière détournée un regard critique sur un pays régi par la répression.

 

 

 

 Women without men

 

 

 

Ces dernières années, un autre courant, plus jeune, virulent et contestataire, a concurrencé les aînés. C’est le cinéma d' une génération qui a grandi avec les valeurs révolutionnaires, le conflit Iran-Irak, l’urbanisme anarchique de Téhéran, et les nouvelles technologies qui rendent plus accessible la production d’images. C’est celui de jeunes cinéastes qui, en quête d’un idéal démocratique, radicalisent la critique politique : Bahman Ghobadi (Les Chats Persans), Rafi Pitts (The Hunter), de Nader T. Homayoun (Téhéran), d’Asghar Farhadi (A propos d’Elly) et bien évidemment Jafar Panahi (Le Cercle).

 

 

 

 

Women without men de Shirin Neshat

 

 

 

En avril, deux films de la même trempe sortent dans l’Hexagone. Auréolé d’un Lion d’Argent à Venise, Women without men de Shirin Neshat présente le regard de trois femmes lors du coup d’état de 1953 contre le Premier ministre Mohammed Mossadegh. Mainline, de la cinéaste Rakhshan Bani-Etemad, évoque le combat d’une mère pour sauver sa fille de la drogue. Venue du documentaire, la réalisatrice peint avec réalisme une jeunesse bourgeoise déchue dans un Téhéran rongé par la drogue. Deux films qui confirment la place prépondérante et nécessaire de la femme au sein de ce cinéma de contestation. Mais parler coûte cher. A Cannes comme à Berlin, dans le rang du jury, la chaise de Jafar Panahi demeure vide.

 

 

 

 

 Mainline de Rakhshan Bani-Etemad

 

 

 

 

Women without men, de Shirin Neshat. Distributeur : KMBO. Sortie le 13 avril

Mainline, de Rakhshan Bani-Etemad. Distributeur : Nod Noblesse Oblige Distribution. Sortie le 20 avril

 

 

 

 

 

Ravith Trinh

 

 

 


13/04/2011
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