Deux hommes, visibles en ombre chinoise, hissent un filet de pêche dans le silence de la nuit… et entraînent le visiteur au cœur du Bangladesh. Cette partie de pêche nocturne est l’un des thèmes abordés par les photographies exposées en colimaçon dans la galerie de la Fondation Alliance Française. Jusqu’au 30 avril, « Bangladesh à Paris » propose un regard actuel sur ce pays enclavé dans l’Inde, avec pour seul autre voisin la Birmanie, à travers les œuvres d’artistes contemporains bengalis. L’inauguration organisée le 31 mars a bénéficié d’invités de marque, avec notamment la présence des ministres bengalis de la Culture et des Finances.
Inauguration de "Bangladesh à Paris", en présence
des ministres bengalis de la Culture et des Finances
Cet évènement s’inscrit dans le cycle des « Alliances en Résonance », organisé chaque année par la Fondation. Le but est de « faire écho aux activités des Alliances françaises dans le monde, et de valoriser les acteurs artistiques et intellectuels des pays avec lesquelles elles sont en contact », explique Laurence Lalatonne, chargée des actions culturelles à la Fondation. Suite à la demande des deux Alliances françaises du Bangladesh, la Fondation a mis ses locaux à leur disposition. Cette initiative a permis de célébrer le 40ème anniversaire de l’indépendance du pays.
Midnight Fishing, Shahidul Alam
Répartie sur quatre étages, l'exposition photographique est un véritable parcours initiatique au cœur du pays. Des luxueux défilés de mode à l’importance du téléphone portable, en passant par des paysages de rizières, les quatorze artistes bengalis présentent leur pays dans sa complexité. Ils placent, pour la plupart, les habitants au premier plan de leurs œuvres : on peut, par exemple, observer des enfants essayant d’attraper un ballon de foot à la volée, ou encore un vieillard en train de fixer interrogatif le spectateur. Parmi la quarantaine de clichés, une série en noir et blanc retient particulièrement l'intérêt du visiteur. Le contraste met en exergue les émotions des visages et décuple la force des propos. Mouvementées, silencieuses ou encore bavardes, les images proviennent toutes de la biennale internationale de la photographie du Bangladesh, « Chobi Mela », qui jouit d’une reconnaissance mondiale.
Fanus, Didaral Alam Chy
L’évènement se poursuit à la Cité internationale des Arts, avec au menu, une exposition de peintures. Le principe est le même : la galerie regroupe les œuvres d’artistes multi générationnels. Collage, gravure, raclure de peinture ou encore paysage façon pointillisme se succèdent sur les murs de deux salles. Rares sont les œuvres totalement dépourvues de formes figuratives. Ici ou là, on retrouve un semblant de visage, une forme d’animal ou un paysage. Seule petite ombre au tableau, la trentaine de pièces présentées ne rassasie pas entièrement la curiosité du spectateur.
Sans titre, Ranjit Das
D’avantage connu pour ses cyclones ou ses inondations, le Bangladesh est montré ici dans son univers quotidien et sa complexité actuelle. Cet évènement, considéré comme l’une des rares manifestations d’art contemporain bengali en Europe, est une occasion unique pour le public français d’aller à la rencontre d’une culture méconnue…