Auteur-compositeur aux multiples patries, Keren Ann a composé son nouvel album, 101, aux quatre coins du monde. Entre une B.O. de film et un hommage à Alain Bashung, elle travaille sur un opéra pop, Red Waters, avec l’Islandais Bardi Johannsson. Mélomane inspirée, elle nous révèle les sons qui l’accompagnent...
D.R.
Un disque pour voir le soleil se lever ?
Keren Ann : C’est une pure merveille que de se réveiller avec I Cover the Waterfront, de Billie Holiday. Idéal pour commencer une journée.
Les disques de ton enfance aux Pays-Bas, puis en Israël ?
Keren Ann : You’ve Got a Friend de Carole King. C’est un vinyle que j’ai emporté partout.
Celui de ton adolescence en France ?
Keren Ann : L’Histoire de Melody Nelson, de Serge Gainsbourg. On ne peut pas faire de la musique sans avoir été, à un moment, hanté par cet album.
Un artiste de musique yiddish qui compte pour toi ?
Keren Ann : Il y en a beaucoup, mais d’un point de vue moderne, The Barry Sisters. Elles chantent à deux voix, c’est super agréable à écouter.
Un disque qui t’emmène aux États-Unis ?
Keren Ann : The Times They Are A-Changin’ de Bob Dylan ou The Ghost of Tom Joad de Bruce Springsteen. Ces artistes racontent l’Amérique comme personne et m’en font rêver.
En Angleterre ?
Keren Ann : Une chanson de Bryan Ferry qui aurait un petit goût de pluie, ou le White Album des Beatles.
Les disques qui te font faire le tour du monde ?
Keren Ann : Pour aller en Amérique du Sud, Casa, un album sublime du trio formé par Ryuichi Sakamoto, Jaques et Paula Morelenbaum. Ce sont des reprises d’Antônio Carlos Jobim, enregistrées dans son propre salon après sa mort. Pour le Moyen-Orient, il y a Oum Kalthoum, Fairuz, mais je pense à Farid El Atrache, grand musicien de oud et faiseur de sons. Dans un style plus produit, ce serait un groupe israélien des années 70, Pure Souls. Lee Hazlewood m’emmène en Scandinavie et j’apprécie une artiste australienne, Bachelorette, aka Annabel Alpers.
Un artiste pour lequel tu as aimé écrire ?
Keren Ann : Écrire les titres de Chambre Avec Vue pour Henri Salvador m’a beaucoup émue.
Quels artistes rêves-tu de reprendre ?
Keren Ann : J’ai repris Je Fume Pour Oublier Que Tu Bois d’Alain Bashung, pour un album hommage. J’ai toujours adoré cet artiste, mais je ne voyais pas de lien direct avec moi. C’était un vrai défi et un plaisir. Sinon, c’est toujours très doux de chanter Chet Baker…
Ton single My Name is Trouble a été offert au remix. Quel est ton préféré ?
Keren Ann : Un remix qui part dans une autre direction, avec du piano, des harmonies barrées, plutôt dans des règles politiquement correctes. J’aurais aimé qu’il aille plus loin mais j’adore la démarche.
Un artiste du label Blue Note ?
Keren Ann : Jason Moran, un pianiste de jazz vraiment fou. Je l’ai vu jouer avec le batteur Nasheet Waits, le son était génial !
À quel genre es-tu hermétique ?
Keren Ann : Je fonctionne plus par son que par genre, du coup je suis toujours sensible à un son qui a du caractère.
Un disque pour danser ?
Keren Ann : The Black Keys !
Le dernier disque que tu as acheté ?
Keren Ann : Une réédition de Cold Fact de Rodriguez.
Une chanson que tu écoutes avant d’aller te coucher ?