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ACTUALITEMORT CROYANCE CULTURE RELIGION RITES FUNERAIRESDiversité des cultures, diversité des rites mortuaires06/04/2011
Dans les pays occidentaux, la mort n’est pas très en vogue. Moins nous y pensons, mieux nous nous portons. La sociologue canadienne Céline Lafontaine va jusqu’à parler d’une « mise à mort de la mort » : disparue de l’horizon social, celle-ci est devenue une abstraction à laquelle nous ne faisons face que lorsque les circonstances nous y obligent (mort d’un proche, maladie). Le déclin des rites mortuaires a accompagné celui de la religion et, seul face à sa mort, l’homme occidental semble s’en remettre à la science dans la quête d’une « société post-mortelle », selon l’expression de Lafontaine, où la mort n’existerait plus, ou serait du moins singulièrement repoussée. Des pratiques comme la cryogénisation ou la lutte contre les effets du vieillissement semblent indiquer que cette voie est enclenchée. Il n’en est pas toujours ainsi ailleurs, loin s’en faut. Face au seul événement universel dont ils soient absolument sûrs, les hommes ont élaboré des systèmes de croyances complexes pour se « préserver des effets dissolvants de la mort », selon les termes du sociologue Louis-Vincent Thomas.
Wheel of life , sculptures cinétiques d'Eduard Bersudsky
Cette vision est aux antipodes de la nôtre, qui considérons la mort comme un moment ponctuel, survenant à un instant précis. Elle repose également sur une conception bien différente de l’individu : indivisible chez nous, celui-ci peut comporter plusieurs entités ailleurs. Ainsi, pour les Somalis du Sud, les parties molles du corps, qui proviennent de la mère, disparaissent, alors que les parties dures, les os, qui s’apparentent au lignage du père, survivent et en formalisent la continuité...
Dans certaines cultures, cependant, la mort n’existe pour ainsi dire pas. C’est le cas des Tziganes, où le nom du défunt ne doit jamais être prononcé, ni son souvenir évoqué. Avant l’enterrement, tous ses effets sont brûlés de façon à ce que rien n’en subsiste : il disparaît de la mémoire sociale de la tribu. Une conception qui n’est pas si éloignée des préceptes d’Epicure, pour lequel la mort n’est rien ! Dans sa Lettre à Ménécée, le philosophe grec écrivait : la « connaissance certaine que la mort n’est rien pour nous a pour conséquence que nous apprécions mieux les joies que nous offre la vie éphémère parce qu’elle n’y ajoute pas une durée illimitée mais nous ôte, au contraire, le désir d’immortalité (...) La mort n’a aucun rapport ni avec les vivants ni avec les morts, étant donné qu’elle n’est rien pour les premiers et que les derniers ne sont plus ».
A lire également : - La société Post-Mortelle, Céline Lafontaine (Seuil) - Anthropologie de la Mort, Louis-Vincent Thomas (Payot) - La Mort et la conception de la personne, Maurice Bloch, revue Terrain, 1993
Et aussi sur le web : 06/04/2011 MORT CROYANCE CULTURE RELIGION RITES FUNERAIRES
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