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Watcha Clan et Kabbalah : les orients de Marseille

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Watcha Clan et Kabbalah : les orients de Marseille

24/03/2011

Pouvez-vous nous faire un rapide résumé des épisodes précédents...

 


Clem : Radio Babel, c’est notre 5ème album, et le 2ème sur Piranha Music (un label allemand). Il arrive après trois années de tournées à travers une trentaine de pays. Beaucoup de dates, beaucoup de rencontres. Radio Babel, c’est le fruit de tout ça. La veine est la même que pour les précédents, un mix de musiques traditionnelles méditerranéennes et de musiques électroniques. On a juste essayé d’aller plus loin dans l’aspect émotionnel en osant des morceaux plus calmes et plus acoustiques, donc plus intimes, et d’autres plus violents, comme des instrumentaux drum’n’bass.


Stéphane : Boxes, Bagels & Elephants est notre deuxième opus. Shlomo, le premier, est paru en 2008 avec pour nous aussi beaucoup de concerts en France, Pologne, Suisse. La musique a été repensée. C’est une vraie belle évolution vers les musiques actuelles, tout en gardant le socle acoustique traditionnel et un chant multi-langues. Un album plein de surprises et de questions.

 

 

 

 

 

 Kabbalah, photo d'Emmanuel Schmitt

 

 

 


Quelles étaient vos intentions avant d’entrer en studio ?

 


Stéphane : Réinventer totalement notre son sur disque, afin d’offrir un pendant cohérent à ce que l’on peut proposer sur scène. Certaines de nos influences sont des musiques de tradition (orientales, klezmers), qui sont faites pour être jouées sur un format plus large, plus long. La difficulté, mais c’est ça qui est passionnant, est d’arriver à passer de ce format « transe populaire » à un son lié à l’époque et aux formats actuels.


Sista K : On est dans la même problématique avec un avantage certain : chez nous, c’est Clem qui conçoit le son. Il est à tous les niveaux de la production artistique. Il a grandi avec les musiques actuelles, c’est sa grammaire et ça se ressent dans notre son. Mais il y a les mêmes allers-retours entre musiques de tradition et musiques actuelles.

 

 

 

 

 

 

 

Watcha Clan

 

 

 

 


Qu’est-ce qui vous inspire ?

 


Uli : Marseille, déjà ! Ici, tu as une ouverture et des possibilités de rencontres intéressantes. Tu peux facilement imaginer interpréter des chansons yiddish dans un mode qui ne soit pas klezmer. Tu peux dépasser les formes pour les rattacher au monde d’aujourd’hui.


Sista K : Bien sûr Marseille ! On a invité sur Viens Viens le pianiste Maurice El Médioni. Il est oranais mais vit ici depuis 50 ans, c’est l’une des dernières légendes vivantes de la musique judéo-arabe. Il y a aussi des copines de la Cumbia Chicharra. Et il y a tous ceux que l’on a rencontrés sur la route : Mehdi Haddab (Speed Caravan) et son oud, Merlin Shepherd, le clarinettiste, que l’on a croisé alors qu’il accompagnait DJ Click. J’aime beaucoup l’énergie qu’il dégage, entre musique du bled et rock (Fever is Rising). Il y a eu aussi la Fanfare Ciocarlia (Gypsy Dust) ou Imed Alibi, le « derboukiste » des Boukakes.


Stéphane : Marseille, c’est un grand village méditerranéen. Forcément, ça imprègne ta musique. Ça ouvre d’autres horizons. Tu invites le percussionniste et chanteur berbère Hassan Boukerrou, le guembriste Malik Ziad, les chanteuses Saleha Moudjari ou Maryam Chémirani. Cette dernière interprète The Circle, un poème d’Omar Khayyam, ce qui peut sembler éloigné de l’univers klezmer, mais qui a tout à fait sa place au coeur de l’album. Il y a aussi quelques cuivres et une section à cordes issue de l’Ensemble Orchestral Contemporain de Lyon.

 

 


Une nouvelle musique marseillaise ?

 


Sista K : On ne s’en rend pas forcément compte quand on reste ici, mais c’est flagrant dès qu’on joue à l’étranger. En tant que Marseillais, on a une image assez “rough”, brut de décoffrage, tout en étant les ambassadeurs d’une ville-point de rencontre, de convergence, qui fait rêver. C’est aussi fort en terme d’image qu’Istanbul et son Bosphore. Il y a de cela dans Watcha Clan. C’est un assemblage de personnalités et d’histoires très différentes les unes des autres. Ça crée du débat.


Uli : Inévitablement, chez nous aussi… Mais pour cela on a une formule magique : « Tu as raison d’avoir tort et tort d’avoir raison ». Ça n’interdit pas le débat, bien au contraire. C’est grâce à cela qu’on avance, qu’on se réinvente en permanence. C’est ce qui manque en ce moment au concept républicain. Sur le papier, je suis à fond pour, mais malheureusement dans la réalité, ça ne suit pas. Il faut entendre l’autre et être en position dynamique, vouloir aller de l’avant.


Stéphane : A ses débuts, Watcha Clan ne mettait que des bribes de musiques traditionnelles. Ils ont augmenté le dosage. Nous, c’est presque l’inverse. On a gardé cette source d’inspiration, mais on a mis un cadre différent autour. On ne se sent nullement contraint par le genre qu’on aborde. Avant, on n’était que musiciens, maintenant on écrit des chansons. La différence, c’est l’approche vocale. On invente tous ici autour de cette table quelque chose qui puise dans la musique du bled, du shtetl (« petite ville » en yiddish, NDLR) et s’accommode du mode de vie urbain dans lequel on baigne naturellement.
 

 

 

 

 

 

 


 Watcha Clan, "Live on Radio Babel"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Propos recueillis par Squaaly

 

 

 

 

 

 

 

Et aussi sur le web :

- Le site de Watcha Clan

-Le site de Kabbalah


24/03/2011
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