NEWSLETTER     MON COMPTE  
OK
 
TOUTES LES ACTUALITES

Birmanie : le rap clandestin

ACTUALITE

BIRMANIE RAP HIP HOP CENSURE FREEMUSE

Birmanie : le rap clandestin

03/03/2011

On décrit parfois les groupes de rap comme des "collectifs", tant ces unions à l’amiable se terminent souvent en querelles d’ego. C’est une toute autre raison qui pousse Generation Wave à se présenter comme un collectif : sous cette bannière commune s’unissent en effet plusieurs dizaines d’artistes, dont 21 sont actuellement prisonniers politiques en Birmanie.

 


Malgré l’élection remportée par le prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi en 1990, la Birmanie est sous la coupe de généraux bien décidés à réprimer toute forme de contestation. Face à eux,  l’échec de manifestations massives, comme celles de septembre 2007, oblige les démocrates à œuvrer dans la clandestinité.


C’est ainsi que Generation Wave utilise le rap pour faire circuler ses idées au sein de la jeunesse. Ses membres enregistrent et dupliquent secrètement, dans leur rudimentaire home studio, des albums qu’ils déposent ensuite discrètement dans les salons de thé les plus fréquentés du pays. 

 


Leurs hymnes, « Wake up », un appel à rejoindre le mouvement démocratique, et « Khwin Pyu Dot May' », la supplique d’un jeune homme qui demande à sa mère de l’autoriser à rejoindre la lutte, ont été diffusés de cette façon. Le collectif a fait ce choix après que l’un de ses membres les plus influents, Zayar Thaw, a été condamné à six ans de prison pour la création d’une organisation illégale.

 

 

 

(Vidéo : "Left Hand of the Boxer" de Generation Wave & WhoMadeWho)

 

 


Il a également appris des déboires de Thxa Soe. Cette star birmane a vu neuf des douze titres de son dernier album censurés. Les censeurs lui reprochent de nuire à la musique traditionnelle birmane en ajoutant à ses mélodies des beats hip hop ou des refrains pop. En réalité, ce sont les sujets dont il s’empare qui posent problème. Comment, dans un pays où tout est contrôlé par l’armée, chanter sans l’offenser ? Même une chanson aussi inoffensive que celle dont le titre se traduit par « Eau, électricité, s’il vous plaît, revenez » et qui évoque les pannes récurrentes qui affectent toutes les villes ne peut que lui déplaire.

 

 

 

(Vidéo : "Pyor yet lar" de Thxa Soe)

 


Malgré les risques qui pèsent sur lui, Thxa Soe a expliqué au quotidien anglais The Guardian qu’il a choisi de rester en Birmanie parce qu’il croit que « la musique peut changer un pays et même au-delà, le monde entier ». Une partie des membres de Generation Wave a, elle, choisi l’exil mais c’est pour mieux diffuser ses appels. Pour elle aussi, la musique peut changer un pays … mais uniquement si elle est entendue !

 

 

François Mauger

 

 

Et aussi sur le web :

- Le site de Freemuse


03/03/2011
BIRMANIE RAP HIP HOP CENSURE FREEMUSE


Réagir   

Share to Facebook Share to Twitter Stumble It Email This More...



TOUTES LES ACTUALITES



// LIRE AUSSI

Mondomix sur
Twitter

Facebook

Google Maps



PUBLICITÉ



Les blogs
Mondomix


TOUS LES BLOGS










Recherche par continent


Recherche par nom




mondomix.com Musiques et cultures dans le Monde. Magazine, actualités, artistes, mp3, agenda, forum || Le Grand Mix de la Planète

Pour que l'aventure Mondomix continue, partagez-la encore plus avec nous.

Soutenez Mondomix