Affaire Johnny Hallyday : les plagiés de la Réunion
28/01/2011
Johnny Hallyday est aussi un homme d'affaires et même, ces derniers temps, l'homme de toutes les affaires : après la mise en cause de son chirurgien dans ses problèmes de santé, sa rupture avec son producteur, ses déboires avec le fisc, le voici accusé de plagiat. Officiellement, "Jamais seul", la chanson qui annonce son énième retour, est signée Mathieu Chédid (alias "M"), Hocine Merabet et Maxim Nucci (alias "Yodelice"). Mais l'animateur radio Claudy Siar a pointé du doigt ses nombreuses ressemblances avec "Madagascar", un titre récent du groupe Ziskakan.
(vidéo clip : "Jamais seul" de Johnny Hallyday)
Depuis, l'île de la Réunion est en ébullition. Ziskakan y est une institution. Le groupe mené par Gilbert Pounia a fêté ses 30 ans en 2009, justement avec l'album "Madagascar". Notre collaborateur Squaaly, qui a rencontré Gilbert à l'occasion de la dernière édition du festival Sakifo, parle d'un musicien "accessible", "que tout le monde connaît sur l’île". Une autre de nos collaboratrices, Eglantine Chabasseur le décrit en "patriarche rassembleur" dont les "morceaux symbolisent toujours pour les Réunionnais l’ouverture et la liberté". Au cours de ses trois décennies d'existence, le groupe a en effet, par ses textes avisés, guidé l'île dans sa propre culture. Son aura a même été perçue au delà des océans, jusque par Mathieu Chedid, qui a déjà joué avec la formation.
(vidéo clip : "Madagascar" de Ziskakan)
Dès lors, y a-t-il ou non plagiat ? La justice le dira, à moins qu'un arrangement ne soit trouvé auparavant (ce que semble souhaiter Ziskakan, qui pourrait en profiter pour se faire connaître dans l'hexagone). A la décharge de Johnny Hallyday, il faut rappeler que toute sa carrière a été placée sous le signe de l'adaptation et de l'imitation. Lancé par des versions françaises des pionniers du rock'n'roll états-uniens (Elvis Presley, Little Richard), il a ensuite puisé son inspiration dans le country blues, la soul ou le rock psychédélique. On pourrait donc multiplier les vidéos comparatives à la recherche de ce qui explique son succès auprès du public français. On ne vous en livrera qu'une : un ultime titre de Johnny Cash dont on devine qu'en ces heures de grosse fatigue l'autre Johnny envie les intonations sépulcrales.